Ce sont près de 100 000 patients qui ont été hospitalisés en psychiatrie sans leur consentement l’an dernier en France. Le chiffre est énorme : 92 000 patients, exactement, enfermés contre leur gré, parfois quelques jours, d’autres fois plusieurs semaines. Soit 12 000 de plus qu’en 2012, comme le révèlent les dernières données sur «les soins sans consentement en psychiatrie» de la démographe Magali Coldefy, publiées ce jeudi dans la revue de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé. Son travail est saisissant, l’évolution inquiétante. On assiste en effet à une hausse sensible entre 2012 et 2016, mais qui fait suite à une augmentation encore plus forte entre 2006 et 2011, atteignant presque les 50 %.

Au total, depuis dix ans, on peut parler d’un doublement de ces hospitalisations sans consentement. Et parallèlement, durant cette même période, on constate une multiplication des pratiques d’isolement et de contention (lire Libération du 28 mars 2016). Que se passe-t-il donc derrière les murs de nos établissements psychiatriques ? La question des liens entre la liberté et la santé mentale se pose de façon insistante.

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