Déc 05

Violence à l’hôpital !

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Lettre à

Monsieur Claude D’HARCOURT

Directeur Général

Agence Régionale de Santé Lorraine

 

 

Laxou,    Le 28 novembre 2016

Monsieur le Directeur,

Je reviens vers vous pour évoquer l’échange avec vos adjoints lors de la manifestation du        8 novembre 2016.

Certainement trop occupé à détricoter notre système hospitalier, nous avons été reçus par ces derniers.

Il est particulièrement innommable qu’une de vos auxiliaires prétende que « la violence que rencontre les agents du C.P.N. est légitime puisque nous travaillons en psychiatrie ».

A l’instar de l’écrivain Fallada, « ces gens de peu » vont vous expliquer l’ignominie d’un tel propos puisque l’information n’est pas arrivée dans l’alcôve de votre tour.

Toutes les 30 minutes, un personnel des hôpitaux est agressé en France. Ce triste bilan est tiré par l’Observatoire National des violences en Santé (ONVS) dans un rapport récent. La conclusion n’est pas rassurante car elle indique une hausse des actes de violence notamment en psychiatrie, qui s’appuie sur une étude de la DRESS (Direction de la recherche, de l’évaluation, des études et des statistiques).

L’omerta qui nous précipite vers de nouvelles menaces et actes délictueux est prégnante.

Sur 2224 plaintes et 185 mains courantes les établissements ne donnent aucun renseignement alors que les violences graves se multiplient, avec un recours accru aux armes à feu, des viols en hausse et un usage ponctuel de gaz lacrymogène.

Je ne compte pas les atteintes à la personne avec désormais l’utilisation par les patients des téléphones portables pour incriminer les agents sur les réseaux sociaux.

C’est vraiment faire offense à l’ensemble des professions hospitalières que de négliger, qui plus est de nier, la violence subie par les personnels qui doit être prévenue et sanctionnée selon les règles du droit commun.

Elle figure dans le Code pénal entre les qualifications d’atteintes à la vie et de mise en danger de la personne.

Cette violence constitue également pénalement une circonstance aggravante au regard des actes à l’endroit des agents du service public.

La violence commence avec l’indifférence, la résignation et l’ignorance devient la mère de tous les maux.

Je vous serais donc reconnaissant de bien vouloir faire savoir à votre collaboratrice l’étendue de son ignorance ce qui deviendrait pour elle, une vraie connaissance.

« Par suite de cette hostilité primaire qui dresse les hommes les uns contre les autres, la société civilisée est constamment menacée de ruine » FREUD.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations distinguées.

É.PRÉVOT